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NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE,

APPLIQUÉE AUX ARTS,

A l'Agriculllire , a l'Économie rurale et domestique, à la Médecine , etc.

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES ET D'AGRICULTEURS.

Nouvelle Édition presqu entièrement refondue et conside'- rablement augmentée ;

AVEC DES FIGURES TIRÉES DES TROIS REGNES DE LA NATURE.

TOME YIII.

DE L'IMPRIMERIE U'ABEL LANOE, RUE DE LA IIARI'E,

A PARIS,

Chez DETERVILLE, libraire, rue hautefeuille, w" 8.

M DCCG XVII.

Indication des Pages oîi doivent être placées les Planches du Tome VIII ^ avec la note de ce qu elles représentent.

B 2 2. Oiseaux l'^g- ^

Caille delà Chine, ou Fraise.— Coracine céphaloptère. —Casse-noix.

B 25. Coquilles , 4^

Conchole'pas péruvien. —Cône musique. Cône cein- ture bleue. Cône drap d'or. —Cône aile de papillon. Cône mosaïque. Corbule unie. Crassalelle fossile. Cuculle'e crassatine. Cyclostome scalata.

B Sa. Plantes T07

Corette potagère. Corossol à fruit he'rissé. Coslus d'Arabie. Cotonnier annuel.

B 2T. Insectes l54

Calope serraticorne. Cercopis sanguinolente. Ce'rie clavicorne. Céroplate charbonné, et sa tête grossie Cholève soyeuse grossie. Cnodalon azuré. CoIIiure longicolle. Corée porc-épic. Cossyplie de Hoff— mansegg. Crabron criblé et sa patte grossie. Cryp- tocère très-noir. Cychrus à bec.

B 39. Physique ' 248

Colorigrade comparable.

B 33. Reptiles 2()4

Couleuvre à stries. —Couleuvre cannelée. Couleuvre écarlate. Couleuvre boïga. Couleuvre des Dames. Couleuvre daboie.

B 34. Plantes 290

Cûulequin ombiliqué. Courbaril d'Amérique. Cro- tonsébifère. Curumalong.

B 35. Reptiles Pag. 371

Crapauc! bossu. —Crapaud agua. Crapaud cornu. Crapaud pipa. Crapaud perlé. —Crapaud rude. Crapaud de Roësel. —Crapaud criard. Crapaud ac- coucheur.

B 36. Reptiles 4^2

Couleuvre argus. Couleuvre molure. Couleuvre agile. Couleuvre à collier. Crocodile du Nil. Crocodile gavial. Crotale boiquira. Dragon vo- lant.

B 3 Minéralogie 54 1

Calce'doine en g^ode. —Cuivre natif de Sibérie. -^Cui- \fe pyriteux en dendçit^.

NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE.

COR

i_jORACES, Coraces. Famille de l'ordre des Oiseaux syl- VAINS, et de la tribu des Anisodactyles. V. ces mots. Caractères : pieds médiocres, peu forts; tarses annelés, nus; doigts ex- térieurs unis à leur origine; pouce épaté ; bec en couteau, épais, à base nue ou emplumée, entier ou échancré , rare- ment plus long que la tcte ; douze rectrices. Cette famille renferme les genres : Corbeau, Pie, Geai, Cassenoix,

CORACIAS, ChOQUARD, TÉMIA , y\.SÏRAPIE, QuiSCALE, CaS-

SïCAN, ROLLIER. Voyez ces mots, (v.)

CORACIA. C'est, dans Brisson, le nom générique du CoRACiAS. V. ce mot. (v.)

CORACIAS , (JoraaV/, Briss.; Coa^ms, Lalh. Genre Tordre des oiseaux Sylvains, et de la famille des Coraces. Voyez ces mots. Caractères : bec plus long que la tête , garni à la base de plumes courtes dirigées en avant, entier, un peu grêle, arrondi, convexe en dessus, arqué, pointu; narines un peu arrondies, ouvertes, cachées sous les plumes du ca- pistmm; langue cartilagineuse, médiocre, bifide à la pointe; aileslongues; lapremière rémige la pluscourte des primaires; la deuxième moins allongée que la sixième ; les quatrième et cinquièmes les plus longues de toutes; quatre doigts, trois de- vant, un derrière. Ce genre n'est composé que de deux espè- ces, dont Tune se trouve en Europe, et l'autre à la Nouvelle- Hollande. On a rangé les corarias avec les corbeaux ; en effet, ils ont, comme ces derniers, les narines recouvertes par des plumes dirigées en avant; mais ils en diffèrent par les formes du bec, ce qui m'a déterminé à adopter le sentiment de Brisson, qui en fait un genreparticulier: M. Qxx^ïqv (Règne ani- Yin. I

^ COR

mal ) , classe les coracias parmi les huppes^ sous les noms de cra\?e et defragilus.

Le Coracias Àbec noir , Coracia melanoramphos , Vieill,, se trouve à la Nouvelle-Hollande; son bec est moins long que celui du suivant, et il est noir, ainsi que les pieds; la mê- me couleur règne sur tout le plumage ; mais elle est moins profonde que celle de notre coracias, et elle jette très-peu de reflets.

Le Coracias À BEC ROUGE, Corarîaerj'throramphos^ Yieill.; Cojvus garnilus ^ Lath. , pi. enl. de Buffon, n.» 255, est tota- lement d'un noir à reflets verts , bleus et pourpres ; le bec et les pieds sont rouges, les ongles noirs; longueur totale, quinze pouces.

Dans quelques individus, le bec et les pieds sont jaunes. Picot-Lapeyrouse fait mention, dans ses Tables mélhotUifues , d'une variété toute blanche.

Quoique d'un naturel vif, inquiet et turbulent, ce cora- cias se prive à un certain point: lorsqu'on veut l'élever, ou le nourrit d'abord d'une espèce de pâte faite avec du lait, du pain et des grains; mais, par la suite, il s'accommode volon- tiers de tous les mets qui se servent sur nos tables. Il a des habitudes analogues à celles des pies et des corbeaux; comme eux, il est attiré par ce qui brille, et comme eux il cherche à se l'approprier; et on l'a vu même, dit Montbeillard, en- lever du foyer des cheminées, des morceaux de bois tout allumés, et mettre ainsi le feu dans la maison. Mais l'on Oiourroit, dit-il, tourner contre lui-même cette mauvaise ha- bitude, et la faire servir à sa propre destruction, en em- fdoyant les miroirs pour l'attirer dans les pièges , comme on es emploie pour attirer les alouettes.

Cet oiseau a le cri aigu quoique assez sonore, et fort sem- blable à celui de Vhuilrier ; il le fait entendre presque con- tinuellement, et l'on prétend qu'il apprend à parler. La femelle établit son nid au haut des vieilles tours abandon- nées et des roches escarpées; elle y pond quatre à cinq œufs blancs, tachetés de jaune sale. Les coracias habitent ordi- ïaairementles rochers; mais il semble qu'ils préfèrent ceux qui sont situés du côté de l'occident à ceux qui sont à l'orient et au midi, quoiqu'ils présentent à peu près les mêmes sites et les mêmes expositions. Ils fréquentent les Alpes, les montagnes de Suisse et celles de l'Auvergne; mais on ne les voit pas 6ur les montagnes du Bugey, ni dans toute la chaîne qui borde le pays de Gex jusqu'à Genève. On les retrouve en- core sur le Mont Jura, en Suisse , et dans l'île de Crète ; et partout ils ne se plaisent qu'à la cime des rochers. Les Coracias seroient voyageurs, si comme l'assure H asselquist, ils

COR 3

arrivent vers le temps le Nil déborde est prêt à rentrer dans son lit; ils y seroient attirés par les insectes et les grains nouvellement semés et ramollis par le premier travail de la végétation, car ces oiseaux sont également granivores et in- sectivores. 11 résulte de Tadmission de ce fait, que cette es- pèce n'est point, comme on l'a cru, attachée exclusivement aux sommets des montagnes, et quelle en descend, ainsi que plusieurs autres, lorsqu'elle est attirée par une nourriture plus abondante et plus facile à trouver.

Le CoRAClAS TIVOUCH, Coracia crîsiata, Vieill.; Upupa ca- pem'is^ pi. 3 des Promérops de VHist. nai. des Oiseaux dorés. Cet oiseau, auquel j'ai conservé le nom qu'il porte dans l'île de Madagascar, est plus connu sous les dénominations de huppe giise , ou de huppe noire et bhinche du Cap de Bonne-Es- pérance; comme oxi\ a jusqu à présent classé avec le pvput et les promérops., on me reprochera, peut-être, de l'avoir déplacé pour le mettre dans un autre genre. Cependant ce n'est ni un puput ni un promérops ; et le coracias est l'oiseau dont ilse rapproche le plus, par son bec, garni, à la base , de petites plumes dirigées en avant , et couvrant presque entièrement les narines; caractère qui a donné lieu à M. Cuvier de dire (article des huppes du Règne animal), que " cet oiseau se lie plus particulièrement aux craves ( les coracias), parce que les plumes antérieures de sa huppe , courtes et fixes, se dirigent en avant et couvrent les narines; » en effet, ce caractère n'existe point chez notre huppe ou puput , ni chez les promé- rops; de plus, le tivouch diffère de la huppe, en ce qu'il a douze pennes à la queue, et la langue d'une longueur ordi- naire; tandis que chez le puput, la qifeue nVst composée que de dix pennes , et que la langue est très-courte , obtuse et très-entière ; ces deux attributs, joints à celui des nari- nes, m'ont paru suffisans pour le retirer du genre upupa; il se rapproche davantage des promérops qui ont, dit-on, la langue presque aussi longue que le bec , et douze pennes à la queue; mais ceux-ci ont les narines découvertes et les plumes du capistrum nullement couchées sur le bec. Les co- racias étant donc les seuls qui présentent la réunion des at- tributs du tivouch, je me suis déterminé à le placer dans leur genre; cependant, si, comme le dit Montbeillard, sa langue est divisée par plusieurs filets à son extrémité, ce caractère ne se trouve point chez les coracias , dont la langue est seu- lement bifide à la pointe.

Cette espèce se trouve, dit-on, aussi dans l'Ile de Bour- bon et au Cap de Bonne-Espérance, elle fréquente les forêts et s'y nourrit d'insectes, de graines, de baies , et pat-

4 COR

iiculièrement de celles au pseudobuxus. On ajoute qii'elle est susceplible de devenir très-grasse aux mois de juin et de juil- let. Elle a le bec , les pieds et les paupières jaunes; l'iris d'un brun bleuâtre; une belle huppe blanche, composée, dans le milieu , de plumes longues , flexibles , et à barbes désu- nies ; ces plumes se recourbent en avant quand ces oi- seaux les redressent; le dessous du corps est de cette même couleur, ainsi que le cou, dont le dessus est d'une teinte grisâtre; le dos, le croupion, les ailes, la queue et les plu- mes des jambes sont d'un gris rembruni ; les pennes primaires ont une tache blanche vers leur milieu; les ongles sont bruns; longueur totale, neuf pouces trois quarts. Montbeillard s'est mépris en lui donnant vingt pouces de long.

Le CoRAClAS HUPPÉ , ou le SoînNEUR, Cojvus eremiia^ Lath., que Ton a décrit d'après Gesner, paroît être un oiseau ima- ginaire , et vraisemblablement un courlis défiguré. Ne se- roit-ce pas le Courlis vert ( Tantalus faldnellus^ Lath. ), auquel on auroit mis une fausse huppe? Au reste, ce n'est, de ma part, qu'une conjecture, fondée sur les couleurs que l'on donne à son plumage, et sur la nudité de quelques par- ties de sa tête, lorsqu'il est dans l'âge avancé ; d'où est venu le nom de rurbeau rhaui>e^ que l'on a imposé à ce prétendu coracias. (v.)

COR AGI AS. C'est, dans Linnseus, le nom générique des

ROLLIERS. (V.)

CORACIAS, CORACITES. Noms donnés ancienne- ment aux RÉr.EMNiTES et à une pierre noire, de la couleup des plumes du corbeau, (ln.)

CORACINA. V. CoRAciNE. (v.)

CORACINE , Cumdna^ Vieill. ; Corous, Lath. Genre de l'ordre des oiseaux Sylvains, et de la famille des Bacci- \ORES. V. ces mots. CaracÛres : bec à base glabre chez les uns, couverte de plumes veloutées ou sétacées chez les au-^ 1res, épais, robuste, déprimé, anguleux en dessus, étroit vers le bout; mandibule supérieure, ou entière ouéchancrée et courbée vers la pointe ; l'inférieure plus courte , un peu aplatie en dessous; narines ovales, ouvertes, situées près du front ; bouche ample ; ailes à penne bâtarde courte ; \ei deuxième, troisième cl quatrième les plus longues de toutes ; quatre doigts , trois devant , un derrière ; les extérieurs unis à leur origine.

Ce genre est divisé en quatre sections : la première ren- ferme les espèces qui ont le bec garni à la base de plumes veloutées (les Col-nus); la deuxième, celles dont les narines sont recouvertes par des plumes sétacées , dirigées en avant, et dont la mandibule supérieure est |chaDcréc vers le bout

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(les ChOUCARIS); la-U'oisîème, les espèces dont le bec est nu à la base et échancré à la pointe (les Coracines chauve ,

VERTE , KaILORA , A VEISTRE RAYÉ ET A FRONT BLANC ; la

quatrième , celle dont les narines sont découvertes et dont le bec est entier (le Céphaloptère),

Les principaux caractères indiqués ci-dessus m'ayant paru assez prononcés et assez distincts de ceux des corbeaux , parmi lesquels Latham et Gmelin ont rangé mes comcities ^ j'ai cru pouvoir les en retirer pour en composer un nouveau genre. M. Cuvier (iî%ra<î animal') les en a aussi distraits , 1.° sous les noms de Choucari, Graucalis; 2.° de Gymnodère; 3." de Gymîïocéphale ; 4-° de Céphaloptère. Les trois dernières dénominations sont d'après M. le professeur Geoffroy- Saint-Hilaire.

Plusieurs coracines se trouvent dans les forets de l'Amé- rique méri,dional,e , et les autres dans celles de l'Asie aus- trale. Toutes sont du nombre des oiseaux dont la partie his- torique n'est pas connue.

La Cor ACiNE céphaloptère , Covadna csphalopiera ^ pi. B. 32, f. 2 de ce Dictionnaire^ se trouve au Brésil. Lebec, les pieds et tout le plumage sont d'un beau noir à reflets métalliques et éclatans sur diverses parties; la taille est celle du choucas ; les plumes du dessus de la tète sont longues , à tige très-grj^le, moitié blanches, et terminées par un épi de barbe décom- posée ; elles se recourbent vers le bout , de manière que la tcle et le bec semblent être sous, un large panache qui , dans sa circonférence , représente assez bien un parasol. Cet oi- seau est encore remarquable par une expansion cutanée en forme de jabot, recouverte en devant et sur les côtés par des plumes allongées , larges et formant un faisceau qui s'isole en s' avançant sur le haut de la poitrin.e , et qui laisse à décou- vert une partie des côtés ^u cou, dont la peau est nue et dun bleu de ciel.

La C0RACINE CHAUVE ou GymjSOCéphale , Coracina g)m-^ Tiocephala , Vleill. ; Coiviis calws , Lath, , pi. ^9 des Oiseaux rares et nouveaux de Levaillant. On a comparé cette coracine vlvl freux on /rayonne ^ sous le rapport de la nudité de la tête , comparaison qui me paroît juste ; car, comme celui-ci , elle n'a celte partie nue que lorsqu'elle est adulte, le jeune ayant comme le jeune freux toute la tête emplumée, et même les narines cachées par de petites plumes sélacées; et c'est ce que je puis assiirer, d'après un individu que j'ai eu occasion de voir , et dont j'ai fait mention dans la première édition de ce Dictionnaire (article du choucas chauve').

L'adulte a le plumage roux , un peu plus foncé sur les par- ies supérieures que sur les inférieures; les pennes des ailes

6 COR

Et delà queue noires ; les petites couvertures aîalres roiis- sâtres ; les grandes brunes et noires ; les inférieures blan- ches ; le bord des pennes d'un joli gris ; le bec , les pieds et les ongles noirs ; l'iris brun.

Le ji'une a les plumes de la lêle grises avec des points d'un gris plus clair à leur extrémité ; le reste de son vêtement d'une teinte moins foncée que celui de l'adulte. Cette espèce n'est point rare dans les forêts de la Guyane française. Les nègres lui donnent le nom à oiseau-mon-pèie ^ parce qu'ils trouvent dans sa tête chauve et ses couleurs, de l'analogie avec la tête et la robe d'un capucin , qu'ils appellent mon père.

La CoRACINE CHOUCARI , Coracina papuensis , Vieill. ; Cor- v:is papuensis , Lath. Cet oiseau a dans ses couleurs des rap- ports avec la rorarine à ventre rayé ; mais, il a, comme le rur- he.au, les narines cachées sous des plumes qui se dirigent en avant. Ce caractère le distingue de toutes les espèces de ce genre. Un gris cendré domine sur le plumage de cet oiseau, mais il est plus foncé sur la partie supérieure du corps , plus clair sur l'inférieure, et se dégrade presque jusqu'au blanc sous le ventre et les entours ; une bande noire environne le bec ; les grandes pennes des ailes sont d'un brun noirâtre ; les ailes ne s'étendent pas au-delà de la moitié de la queue ; ses pieds sont petits , et ses ongles courts : longueur, environ onze pouces.

La CoRACINE COU-NU OU GymkodÈRE , Coyarinagymno- dera , Vieill. ; Corms nudus , Lath. , pi. 4-5 des Oiseaux rares et nouveaux de M. Levaillant. Cet oiseau a le cou nu sur les côtés, avec quelques plumes isolées ; le dessus de la tête, le derrière du cou et la gorge couverts de petites plumes noires serrées et veloutées ; la bordure extérieure des pennes inter- médiaires des ailes, les secondaires, et toutes les couver- tures supérieures d'un gris bleuâtre ; les pennes primaires et Il queue d'un noir à reflets bleuâtres; le reste du plumage , le bec et les pieds noirs ; au-dessous de l'œil une peau nue de couleur jaune ; l'iris d'un rouge-brun ; le bec blanchâtre avec la pointe noirâtre. Longueur totale, seize pouces; gros- seur du choucas. On le trouve à la Guyane.

La femelle , au lieu d'avoir les ailes d un gris bleuâtre , les a d'un noir-brun; les plumes des scapulaires et de la poitrine avec quelques bordures grises; le resie du plumage d'un brun noirâtre sans reflets ; le bec et les pieds d'un brun-noir. Il ne me paroît pas certain que cet oiseau soit la femelle ; ne seroit-ce pas plutôt un jeune ? car M. Levaillant nous dit que les jeunes mâles portent le plumage de la femelle, et qu'ils ont alors le cou entièrement. couvert de plumes. Mais ce

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n est de sa part qu'une conjecture , peut-être fonde'e. Au reste, les cou-nus habitent la Guyane, ils fréquentent les bois ; ils s'approchent des habitations à l'époque de la ma- turité des fruits , et ils nichent au bord des rivières sur les arbres les plus élevés. Cet oiseau est en double emploi dans Latham et Gmelin , sous le nom de gracula fcctida.

La CoRAClNE A FRONT BLANC , Coracina albifrons^ Vieill. ; Corvus parificus, Lath., a dix pouces de longueur totale; le bec noir; le plumage supérieur du corps cendré ; Tlnférleur plus pâle et inclinant au brun rougeâtre ; le front et la gorge blanchâtres ; quelques soies mélangées parmi les plumes de la dernière partie ; le dessus de la tête et la nuque d'un noir sombre ; les ailes et la queue de la même couleur; mais les rémiges sont terminées de blanc sale , ainsi que les rectrices, à l'exception des deux intermédiaires. Cet oiseau se trouve dans les îles de la mer du Sud.

La CoRAClNE KAILORA , ComaW m«/rtno^5, Vieill. ; Corvus melanops , Lath. , a le bec , la face et la gorge noirs ; le dessus du corps d'un cendré bleuâtre; le dessous de la même cou- leur, mais plus pâle ; les pennes des ailes noires et bordées d'une teinte plus claire ; la queue longue de six pouce&, d'un brun-noir et terminée de blanc , à l'exception des deux inter- médiaires ; les pieds d'un bleu obscur : la taille du geai. La couleur du corps est plus foncée chez quelques individus ; le noir de la tête ne dépasse pas les yeux, et la queue n'a point de blanc à son extrémité. La femelle (ou le jeune), est rayée de brun sur le ventre et sur les parties postérieures. Je crois que le mâle est figuré dans les rolliers de M. Levaillant , sous le nom de rollierà m<isqiie noir, pi. ?ïo. Il est étiqueté au Mu- séum , sous celui de chourari à camail. Les naturels de la ÎSouvelle-Hollande appellent ces oiseaux kai-a-lora.

Latham décrit dans le deuxième Supplément de son Sy- nopsis, un oiseau du port Jackson, qui a de si grands rapports avec le kaîlora que je le regarde comme un individu de la même espèce. Cet oiseau, qu'il appelle W«c^ breasUd crown {^coTVus melanogasfer-y , diffère du précédent en ce que le noir s'étenajusque sur la poitrine, et qu'il a le ventre et les par- ties postérieures dun blanc pur ; la queue totalement noire , et les pennes des ailes bordées de blanc.

La CoRACiNE A <;oRGE ROUGE , Coracina rubricollîs , Vieill. , se trouve au Brésil. Elle est d'un noir profond, avec une grande plaque d'un rouge éclatant , qui s'étend depuis le menton jusque sur le milieu de la poitrine ; les plumes du cou, principalement en dessus, sont en si grande quantité qu'il paroît plus gros qu'il n'est réellement; la queue est un peu arrondie ; le bec bleu, blanchâtre à sa pointe et garni

8 COR

a «a base de poils courts , roides , ainsi que le menton ; l'iris est de couleur de plomb , et le tarse d'un bleu terreux chez l'oiseau vivant. Longueur totale , dix sept jA)uces envi- ron. La femelle diffère du mâle en ce que le bec est de cou- leur brune ; la plaque dun rouge moins vif; la teinte noire moins foncée ; les plumes de la poitrine , immédiatement après la plaque , moitié noires, moitié rouges, et plus nom- breuses de ces deux couleurs que chez le mâle.

La pie à gorge ensanglantée, du Paraguay, décrite par M. de Azara , appartient certainement à la même espèce , malgré quelques disparités que l'on remarque dans la des- cription que ce naturaliste en fait; comme d'avoir la poitrine tachetée et pointillée de roussâtre , et les plumes du cou presque frisées.

Ces oiseaux, dit Nozeda , cité par M. de Azara, sont inquiets et méchans ; ils changent de place aussitôt qu'ils craignent d'être vus. J'en pris un vivant, ajoute-t-il ; il étoit courageux, hérissoit toutes les plumes de son cou , celles de la tête restant couchées; il donnoit des coups de bec assez yiolens , jetoit un cri fort et guttural , et se défendoit avec ses sq»i-cs. Cette coracine se rapproche des pies du Paraguay par la manière de voler , de se poser, de se cacher entre les branches des arbres et de sauter de l'une à l'autre. Elle a de grands rapports avec le pinuhau ;pe\ii-èlre ^ourroh-on placer ce dernier dans le même genre et en faire une section parti- culière , puisqu'il en diffère par son bec moins évasé, plus caréné en dessus, par les plumes de sa base , qui ne sont point dirigées en avant , et par ses narines totalement à dé- couvert.

La Coracine a ventre rayé, Coracina fasciata , Vieill. ; Corviis KovœGuineo'^ Lalh. , pi. enl. de Buff. , n.° 629, sous le nom de choucas de la Nouvelle-Guinée , a le front , le capis- trum et un trait à travers l'œil noirs; la tête , le cou, le dos et le haut de la poitrine d'un cendré bleuâtre foncé ; les ailes noirâtres et terminées de blanc ; le bas de la poitrine, le ventre, les parties postérieures , le croupion et les couver- tures supérieures de la queue blancs et traversés de noir; les pieds dun gris sale et le bec noirâtre. Longueur, un pied environ. La femelle diffère en ce qu'elle n'a point de noir sur les cotés de la tête; la teinte cendrée est plus claire, et toutes les parties inférieures sont blanches et rayées en tra- vers de gris bleuâtre, à l'exception du bas-ventre et des cou- vertures inférieures de la queue ; le jeune mâle est , dans son premier âge , marqué de noirâtre sur les oreilles, rayé en travers de blanc et de gris bleuâtre sur la tête, et moucheté de blanc depuis la gorge jusq;i'au ventre, sur un fond cendré.

COR 5

La CoRAOlNE VERTE, Coradna viiidis , Vleill., est totale- ment verte avec des taches blanches , en forme de larmes sur la tête, le cou et sur toutes les parties inférieures; la queue est terminée de blanc ; le bec très-robuste, est un peu comprimé par les côtés , ce qui semble l'éloigner de ce genre. Taille du pigeon biset. On trouve cet oiseau à la Nouvelle- Hollande , mais il n'est pas certain qu'il soit sous son plu- mage parfait ; ses narines découvertes , les plumes du capis- trum dirigées en arrière , la force et la forme de son bec me paroissent être des attributs assez différens pour l'éloigner de l'individu qu'au Muséum on donne pour un mâle de la même espèce. V. Ciioquârd. (v.)

CORACINO. Nom italien du Corassin ou Hamburge, poisson du genre Cyprin, (desm.)

COR AGITES. V. Coracias. (m.)

CORAIL, Corallium. Genre de polypiers ^ dont le carac- tère est d'être pierreux , solide , strié à sa surface , et recou- vert d'une enveloppe charnue , poreuse et polypifère. Voyez pi. A. 28, il est figuré.

Il est peu de personnes qui ne connoissent le corail , cette production la plus précieuse de la mer après les perles, et qui de tout temps a fait l'objet d'un grand commerce pour les habitans des bords de la Méditerranée.

Quelques naturalistes anciens et modernes avoient consi- déré le corail comme une production minérale, comme une pierre végétante , et d'autres l'avoient regardé comme appar- tenant au règne végétal. Dioscoride , Pline , Césalpin , Tour- nefort , etc., étoient de cette dernière opinion. Peyssonel , le premier , fit connoître sa vraie nature , et depuis lui , on n'a plus douté que le corail , ainsi que les gorgones et genres voi- sins, ne fussent des loges d'animaux, c'est-à-dire, des produc- tions polypeuses.

Il n'en est pas moins vrai que le corail ressemble com- plètement à un arbrisseau sans feuilles. On lui voit un large pied qui l'attache aux rochers ; de ce pied ne s'élève ordi- nairement qu'une tige , dont la grosseur varie , et qui ne tarde pas à se diviser en un petit nombre de branches qui elles- mêmes se divisent et se subdivisent , irrégulièrement, en un £;rand nombre d'autres. Ces branches sont ordinairement rondes comme la tige ; mais on en voit quelquefois d'aplaties ou d'anguleuses.

La plus grande hauteur d'un arbre de corail, dans la Médi- terranée , est d'environ un pied et demi ; son plus grand dia- mètre de huit lignes: toutes ses parties sont identiques, excepté Técorce , qui est moins compacte que le cœur.

COR

La pariie intérieure égale le marbre en dureié , même nu fond de la mer , excepté à l'extrémité des rameaux , elle est plus tendre que Técorce. C'est par un préjugé fondé sur l'ignorance l'on étoit de sa nature , qu'on a cru qu'elle se durcissoit à l'air.

Lorsqu'on fait calciner une branche de corail , on voit qu'elle est formée de plusieurs couches concentriques.

Donati a fait de très-précieuses observations sur la nature du corail ; il en résulte qu'en dehors il est cannelé ou strié , selon que la partie qu'on examine est plus ou moins près ou loin de la racine ; qu'à ces cannelures ou stries , s'attache immédiatementune pellicule ou tunique médiocrement molle, composée de petites membranes pleines de vaisseaux et de glandes. Toutes ces parties ensemble forment un corps réti- culaire accompagné de plusieurs petits vaisseaux remplis d'un suc blanchâtre qui se répand dans ses interstices. A ces mem- branes sont aussi attachés plusieurs corpuscules fort menus , sphériques , et liés l'un à l'autre par d'autres petites mem- branes ; c'est à ces corpuscules qu'il faut attribuer la forma- lion de la partie dure intérieure , comme ils doivent eux- mêmes leur origine aux polypes.

L'écorce est formée de petites membranes très-déliées, ou de petits fils auxquels sont attachés une immense quantité de corpuscules pierreux ; elle est traversée , dans sa longueur, par des tubes cylindriques , parallèles , très-rapprochés, des- quels sortent de côté et d'autre des vaisseaux plus petits qui ont communication avec les membranes de la tunique : par ces derniers coule une liqueur laiteuse.

Cette écorce , nouvellement pêchée , est gluante , tuber- culeuse , et s'enlève aisément; mais lorsqu'elle est desséchée, on ne peut plus l'ôter qu'en la réduisant en poussière.

Les tubercules ont des bases larges et rondes, et leur som- met est terminé par une petite lèvre divisée en huit parties. C'est à leur extrémité , qui est creuse , tubuleuse , et re- vêtue intérieurement , par une duplicature de la tunique jusqu'à la moitié de leur hauteur , que finit l'écorce.

Chacune des cavités de ces tubercules, donne retraite à un polype blanc, mou et un peu transparent. 11 a huit tentacules égaux, coniques, et munis d'appendices aussi coniques, qui sont rangés sur les deuxbords opposés du même plan.La bou- che est située au centre de ces tentacules; elle est évasée à son ouverture, et sillonnée, dans sa longueur, par huit stries. Plus bas est le ventre de l'animal, très-court, et ne tenant aux pa- rois de la cellule que par un ligament irès-foible.

Dès qu'on tire de l'eau le corail , ou qu'on le touche , tous les polypes se contractent. Dans celte opération , les appen-

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dices des tentacules rentrent en elles-mêmes ; ens\ntp chaque tentacule se replie sur le milieu, et la bouche se referme. Pour pouvoir observer cette manœuvre , il faut plonger le corail dans l'eau de mer aussitôt qu'il est péché.

Donati a vu , au bas du ventre de quelques polypes , des petits corps jaunâtres qu'il croit être leurs œufs. Ces œufs se détachent , se fixent aux corps sur lesquels ils tombent , et il en naît un polype qui a une petite corne à sa base ; ensuite il en naît un autre à côté , puis un troisième ; enfin il se pro- duit un arbre de corail. Mais ces prétendus œufs ne sont que des boure;eons qui se développent sans changer de nature. Foyez au mot Polype.

Ordinairement le corail est d'un rouge vif; quelquefois il est couleur de rose ou jaunâtre , mais toujours , ainsi que l'a observé Donati, la tunique intermédiaire est blanch-e , et l'écorce, de plusieurs teintes, est plus foiblement»colorée que 1 intérieur. Il se trouve dans la mer Rouge et dans la Médi- terranée , attaché aux rochers dans toutes les directions pos- sibles. C'est par erreur qu'on a dit quil croissoit toujours la tête en bas. llparoît, d'après les observations de Spallaiizani, que sa reproduction est assez rapide pour que , en peu d'an- nées , un endroit épuisé par la pêche en soit de nouveau garni.

On a remarqué que lorsqu'une branche de corail a été séparée de son tronc , elle continue à croître au fond de la mer , et s'y fixe de nouveau par la partie, quelle qu'elle soit, qui touche au rocher ; alors elle croît dans une nouvelle direc- tion. Ne pourroit-on pas partir de ce fait pour faire , dans un lieu donné , une pépinière de corail , si on peut employer cette expression , et une ordonnance ne devroit-elle pas obli- ger les pêcheurs à rejeter à la mer, sur-le-champ, les sommi-" tés de toutes les branches P Ces sommités leur sont inutiles, et peuvent cependant servir à produire de nouveaux coraux qui seroient placés dans des lieux déterminés et connus , et qui croîtroient plus rapidement que ceux qui doivent leur origine à des bourgeons.

De tout temps le corail a été l'objet d'une industrie pré- cieuse et d'un commerce considérable. Aujourd'hui ce sont principalement les habitans de Marseille , de la Catalogne , de la Corse , et de quelques autres îles de la Méditerranée , qui l'exploitent. C'est principalement autour de la Sicile , à l'embouchure de la mer Adiiatjqae et sur les côtes de Tunis, que s'en fait la pèche. Elle a lieu pendant les trois mois des grandes chaleurs. Elle est tantôt fructueuse , tantôt infruc- tueuse , selon riiabileté des pêcheurs, et le hasard des cir-

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constances. Tel bateau qui pendant quinze jours n'aura pas ramassé pour un écu de corail, en trouvera pour cent le sei- zième.

Les coraillers , c'est le nom des pêcheurs de corail, em- ploient pour cette pêche une machine qu'on appelle salabre à Marseille , et qui n'est autre chose que deux forts bâtons mis en croix , au point de réunion desquels est attachée d'un côté une corde fort loiigue , et de l'autre un boulet ou autre corps pesant. A chacune des extrémités de ces bâtons , est fixé un filet de ficelle , à larges mailles , fait en forme de Bourse ouverte , et les bâtons sont entourés d'étoupe dans toute leur longueur. On se sert de cette machine en la traî- nant sur les rochers, en l'introduisant sous leurs saillies, le tout ordinairement à tâtons. Les coraux qu'elle rencontre sont brisés ; leurs branches s'entortillent à l'étoupe , ou s'arrêtent dans les filets , mais il en tombe plus qu'il n'en, reste ainsi aîcroché. Quelquefois on ramasse , en plongeant , celui qui est tombé. En général le corail se pêche à soixante ou quatre-vingts pieds de profondeur , mais on le tire quel- quefois de plus de cent.

Lorsqu'il est gros , le corail est sujet à être percé par un ver dont on ne connoît pas encore précisément l'espèce : alors il perd considérablement de sa valeur.

C'est principalement à Marseille que l'on met en œuvre le corail, et c'est principalement dans l'Orient qu'on le débite. Il y sert à garnir les armes des guerriers , à faire des bijoux aux femmes, et des chapelets aux dévots. Les Arabes n'enterrent pas un de leurs parens sans lui mettre un de ces chapelets entre les mains. 11 est également fort recherché dans l'Inde et en Afrique. H fut un temps il étoit fort à la mode en France ; mais aujourd'hui il y est tombé en défaveur.

Le corail a été aussi beaucoup employé dans la vieille mé- decine , il étoit regardé comme absorbant, diurétique , tonique, astringent, etc. Toutes ces propriétés ont disparu au creuset de la raison ; actuellement il ne sert plus qu'à net- toyer les dents , après avoir été réduit en poudre impalpable et uni à un opiat.

Aucune production de la mer n'a donné lieu à tant d'écrits que le corail : on l'a considéré sous tous les rapports possi- bles. Les meilleures figures qu'on en ait données sont celles d'EUis , Traite des Coralines , tab. 33 , fig. A. ; de Donati , Histoire de la mer Adriatique^ tab. 5; de Marsilli, Histoire mar., tab. 22 , A. 29 , et tab. 4.0. (b.)

CORAIL. On donne ce nom au Piment des Jardins^ dans quelques lieux, (b.)

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CORAIL DE JARDIN. Dénomînallon vulgaire du Poi- vre DE Guinée et du Bois immortel, (s.)

CORAIL (PETIT). C'esi le ISeflier buisson ardent, dans quelques jardins. (B.)

CORAIOINCILLO. Nom espagnol d'un Millepertuis. (Jiypericum pcrforatuni, L.). V. aussi CoRAZONCILLO (ln.)

CORAL. On donne ce nom au Boa devin, (b.)

COPvAL. Nom anglais de l'arbre au Corkil (^eiythnnaco-' rallodendrum y L. ). J. Commelin , Dillen et Petiver l'ont donné à cette même espèce ou à des espèces du même genre- V. Erythrine. Sloane anommé ainsila piscidie etyihrine. (ln.)

CORAL SCALLOP. Nom anglais d'une coquille du genre peigne (^pecten nudosum , Lk.), appelée vulgairement la Coralline. (ln.)

CORAL WORT. Nom anglais de la Dentaire bulbi- FÈRE {denlaiia bulbifera , Linn.) , plante crucifère, (ln.)

CORALLACHATES et CORALLO - ACHATES- Nom donné par les anciens à une agate qui avoit la couleur du corail , et par Pline, i." à une agate semée de points d'or, et 2." à une autre agate avec des gouttes couleur d'or produites, sans doute , par du fer sulfuré (ln.)

CORALLAIRES. Ordre établi par Blainville , parmi des Polypes composés. Il a pour type le genre Corail, (b.)

CORALLAIRE , Corallaria à petites feuilles. C'est ainsi que Rumpliius désigne le mandsiadi des Malabares, qui est un CoTSDORl (^adenaniJiera pavonina, L.). Son corallaire à grandes feuilles est un autre arbre qui paroît appartenir au même genre et que les Malais nomment , comme le précédent, ^«g^a- pohon el ay lam-pohon. Ses fleurs sont en panicule terminale, et ses légumes oblongs, à deux graines. {V. Rumph., Amb. 3, t. 109 et 110.). (ln.)

CORALLE, Coralliis. Genre de reptiles de la famille des serpens, qui a été établi par Daudin aux dépens des Boas ,de Linneeus. Il offre pour caractères : des rangées de doubles plaques sous le cou ; des plaques entières sous le ventre et la queue ; des dents aiguës aux mâchoires , mais point de cro-- chets à venin.

Il ne faut pas confondre la seule espèce qui forme ce genre avec les Boas, les Scytales et les couleuvres qui onè de grandes écailles sous la gorge.

On croit que la coralle est originaire d'Amérique. Son aspect est féroce et perfide, mais elle est peu à craindre pour l'homme, (b.)

CORALLIGÈNES Scytales ( Polypes ). Ce sont les Polypes qui forment des coraux, (ûesm.)

ÇORALLIN ou CORALH.NE. Yipèr« d'Asie, (b.)

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CORALLINAIRES. Nom d'une classe établie par Blam- ville parmi les Vers polypes de Lamarck , pour placer les CoRALLiNES et genres voisins. V. Corallinees. (b.)

CORALLIINE, Corallmu. Genre de Polypiers, dont les caractères sont : une tige rameuse, articulée ainsi que ses ra- meaux , à articulations cornées , recouverte d'une subs- tance calcaire dont la superficie n'offre pas de cellules per-i ceptibles.

Lit^ anciens naturalistes avoient pris les corallines pour des plantes, et on les trouve figurées dans leurs ouvrages, sous les noms de mousses rnarinesoa de/«a/i. Plusieurs espèces sont, en effet, si ressemblantes à des lichens ., qu encore au- jourd'hui, un botaniste pourroil d'autant plus les l'éclamer, qu'on ne reconnoît , sur leur surface, aucune apparence de polype comme dans les autres polypiers, avec quelque at- tention qu'on les observe.

Toutes les corallines sont adhérentes aux rochers et autres corps solides par le moyen d'une concrétion que forment les animaux qui les produisent. Leurs liges , en s'élevanl , pous- sent des branches, ordinairement opposées , qui elles-mêmes en poussent d'autres qui ont la même disposition, de ma- nière qu'elles forment de petits buissons quelquefois fort élégans.

Tant les tigesque les branches des corallines sont toujours composées d'articulations dont le milieu est couvert par une matière crétacée et cassante, et dont la surface est parsemée de pores ou de cellules, qui servent, chacune, de demeure a un polype ; ces pores ne se voient, dans la plupart de celles des mers d'Europe , qu'au moyen d'un microscope , encore faut-il souvent qu'elles soient fraîches ; mais dans celles des mers des pays chauds, ils se voient à l'œil nu, même après leur dessiccation.

Lorsqu'on met une branche de coralline dans du vinaigre , la partie calcaire se dissout , et il ne reste que la partie carti- lagineuse dont on voyoit une petite portion au point de réu- nion des articulations.

La forme des articulations varie selon les espèces, et c'est principalement d'elle que Ton peut tirer des caractères spéci- fiques assurés.

La couleur des corallines varie aussi beaucoup, non-seu- lement dans les espèces différentes, mais aussi dans la même espèce. Elles ont toutes cela de commun ., qu'elles blanchis- sent par leur exposition à l'air sur le rivage.

On doit à Ellis le premier travail passablement complet qui ait été entrepris sur les corallines ; mais il manque d'or- dre. Depuis lui, Lamarck, daiis les Annales du Muséum, et

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clans son Histoire Naturelle des Animaux sans verièhres ^ ainsi que Lamouroux, dans un ouvrage nouvellement mis au jour , et très-digne d'être étudié, ont fixé nos idées sur les divisions ou genres qu'il est possible d'établir à leurs dépens.

En général, les corallines ne servent qu'à orner les cabi- nets des curieux ; mais il en est une espèce qui est fréquem- ment employée en médecine. C'est la Coralline officinale, plus connue en France sous le nom de mousse de Corse, du lieu autour duquel on la ramasse en plus grande quantité. Elle passe pour un des plus puissans remèdes vermifuges. On ne vante pas moins sa vertu absorbante. C'est surtout sur les en- fans qu'elle agit avec succès. Lorsqu'on veut la ramasser pour l'usage, il faut avoir soin de la laver au sortir de la mer, à plu- sieurs reprises, dans de l'eau douce , et même un peu chaudt. La Tournelte a cependant prétendu que ce n'étoil pas aux corallines qu'étoient dues les vertus de la mousse de Corse, mais à un Varec qu'il a appelé helminthocorton. Au reste , DecandoUe a fait voir que ce qu'on appeloit sous ce nom, contenoit , outre la Coralline , sept espèces de Varecs , et autant d'espèces de Conferves.

Les genres Nésée, Galaxaure, Jante, Udotée, Am- PHIROÉ, Halimède , Mélobesie, ont été établis par La- mouroux aux dépens de celui-ci qui, selon lui, ne doit plus rester composé que de trente-quatre espèces, parmi lesquelles je ne mentionnerai que celle qui vient d'être citée, c'est-à-dire :

La Coralune officinale, qui est presque bipinnée et dont les articulations sont presque cunéiformes. Elle se trouve dans les mers de 1 Europe, et principalement dans la Méditerranée. Beaucoup d'auteurs l'ont décrite et figurée. Ce que j'ai dit plus haut lui convient plus complètement qu'à aucune autre. V. pi. A. 28. (b.)

CORALLINE. Les marchands donnent ce nom au Pei- gne SANGUINOLENT. (B.)

CORALLINEES, CoralUnœ. Synonyme de Coralli- KAIRES. C'est le sixième ordre des polypiers coralligènes flexibles de Lamouroux. Il lui donne pour expression carac- téristique : polypiers phytoïdes, presque toujours articulés^ formés de deux substances; Tune intérieure, ou axe, membra- neuse ou fibreuse, fistuleuse ou compacte ; l'autre extérieure, ou écorce plus ou moins épaisse, calcaire et renfermant des cellules polypifères très-rarement visibles à l'œil nu.

Cet ordre renferme, selon le même naturaliste, les genres

ACÉTABULAIRE , POLYPHYSE , NÉSÉE, GaLAXAURE, JaNIE,

Coralline, Cymopolie, Amphiroé, Halimède, Udotee et Mélobesie. (b.)

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CORALLINES. Ce mot, dans les écrits des anciens na- turalistes , avoit une acception fort étendue. Il renfermoit une division entière des Polypiers, c'est-à-dire, les Coral- LITSES proprement dites, les TuBULAiRES, les Sertulaires, les Cellaires, les Flustres, les Cellépores, les Alcyons et les Éponges. C'est à Ellis, dont le superbe travail sur les corallines sert encore aujourd'hui de base à leur étude , que l'on doit l'établissement de cette ancienne nomenclature. Ses divisions répondent aux genres précités. Ainsi ses corallines vé- sjcu/ei«« sont les Sertulairt s,\SQScorullinestubuleuses^ les Tu- BULAIRES; ses corallines articulées, lesvéritablesCoRALLlNEs,etc. On a même réuni sous cette dénomination , les Isis , les Gor- gones , les Antipates et les Escares. V. ces différens mots.

(B.)

CORALLINITES. Polypiers fossiles, finement bran- chus et ramifiés. Ce nom est général, et ne s'emploie plus aujourd'hui, que la science a été précisée par l'établissement des genres , selon la méthode linnéenne. (b.)

CORALLIS, Pline. Pierre des Indes et de Syène , qui avoit la couleur àaminiimiy et qui étoitrangée au nombre des Gemmes. Elle nous est inconnue. On l'a néanmoins rap- prochée des Jaspes, (ln.)